« Bon, quand est-ce qu'on commence ? » Il est 20 heures passées de quelques minutes en cette première soirée de game jam et François Bonnet, cofondateur et directeur éditorial de Médiapart, s'impatiente. C'est que pour lui, comme pour les huit autres personnes de Médiapart qui participent (au total huit journalistes, un par équipe, plus l'un des développeurs du site qui s'est intégré à l'une des équipes), l'exercice est nouveau, inédit. Les développeurs de jeux vidéo qui ont ce vendredi soir-là investi la rédaction de Médiapart sont en revanche pour la plupart des vétérans : ils se retrouvent, ouvrent des bières, prennent des nouvelles les uns des autres et commencent à discuter de leur projet, pendant que les journalistes de Médiapart qui ne participent pas à la jam terminent de quitter les lieux. Enfin, Laurent Checola, de La Belle, le coorganisateur de la jam, donne le top départ. Pas de grand discours, peu de blabla : la Médiajam n'est pas comme les autres. Traditionnellement, une game jam, c'est un thème commun (souvent fourre-tout) révélé au dernier moment. Ici, tout a commencé bien en amont : chacune des huit équipes a son thème propre, qui a été décidé entre journalistes et développeurs à peu près un mois avant la jam, pour laisser le temps à tout le monde de bien réfléchir au sujet et de proposer un game design en rapport. Le but de la jam, comme me l'explique Thibaut de Corday, également de La Belle, n'est ni de produire des petits jeux simples (comme on en voit souvent en game jam), ni des serious games ou des jeux éducatifs, mais des jeux politiques, qui utilisent leurs mécaniques pour faire passer un message, plus proches par exemple des productions Molleindustria. C'est ambitieux.