Faire "l’expérience du baiser Internet", voici l’enjeu du Kissenger, un prototype pour appareils iOS dotés d’une prise jack et ayant pour fonction de transmettre la sensation d’un bécot via le Net. Alors évidemment, on pense tout de suite à de multiples usages salaces, mais ce n’est pas la vocation première de l’objet. D’une part, on ne peut manifestement pas s’y entortiller la langue, donc oubliez le baiser lavette en bouche qui a fait la gloire de la France de par le monde. De l’autre, les concepteurs pensent autant aux couples distants versés dans le romantisme qu’aux familles éloignées (pouvoir faire un bisou à Mamie sans avoir droit aux poils, c’est quand même appréciable), sans oublier les fans d’une idole quelconque, dont on entend déjà les petits couinements de bonheur à l’idée de ressentir les lèvres caoutchoutées de Francois Valéry s’apposer sur leur… front. Cela dit, à sa décharge, reconnaissons que « Le Prince d'amour », c’est quand même une chanson vachement poignante, pour ne pas dire émotionnellement prégnante. Emma Yann Zhang, conceptrice et doctorante en informatique à Londres, croit fortement au potentiel de son « dispositif de communication internet multisensoriel », à l’aube – comme quoi, on y revient finalement – d’une sexualité robotique dont elle juge la survenance inévitable. Un peu comme la chute de ce texte : le Kissenger, il vaut mieux Henryre.